Présentation

© N. Calvez-Duigou

« Rien ne prouve qu’il existe une chose comme « la religion » dans l’abstrait. Ce qui existe, ce sont des représentations mentales, des actes de communication qui les rendent plus ou moins plausibles, et de très nombreuses inférences dans de très nombreux contextes » (Alain Boyer)

POURQUOI CE SITE ?

Lorsque l’on prononce le mot « religions » en France, et plus largement en Occident, la réponse qui fuse immédiatement se limite généralement à trois propositions, consistant dans les trois dits monothéismes se revendiquant de ce terme par eux accaparés pour être transformé en une sorte de titulature, je veux dire, par ordre chronologique, le judaïsme, le christianisme et l’islam. Comme si le monde n’avait pas existé avant eux, comme si le monde n’existait pas en dehors d’eux.

Il convient donc de rappeler immédiatement ce que représente chacune de ces religions à l’échelle de l’histoire de l’humanité.

 

Si l’on postule que la pensée métaphysique apparaît avec les premières inhumations (env. 350 000 ans avant l’ère commune), que l’on rappelle que les dits monothéismes n’ont, toujours dans l’ordre chronologique d’apparition qu’environ 2 700 à 2 800 ans pour le judaïsme (non compris la période de monolâtrie), environ 1 970 ans pour le christianisme (début de l’action de l’apôtre autoproclamé Paul), et 1 405 ans pour l’islam, alors on peut dire que le judaïsme ne représente que 0,8 % de l’histoire de l’humanité susceptible de croire en une forme de puissance supérieure, le christianisme 0,56 % et l’islam 0,40 %. Autant dire pratiquement rien. Et ramené à l’échelle de l’histoire humaine cette fois, laquelle débute, suivant les chercheurs, il y a entre 10 et 7 millions d’années, c’est encore plus ridicule : sur la base de 7 millions d’années, le judaïsme représente 0,04 % de l’histoire humaine, le christianisme 0,028 % et l’islam 0,020 %. En revanche, on peut aussi considérer qu’elles ont disposé d’assez de temps pour prouver l’improuvable sans le moindre succès. De ce point de vue, les propositions des neurosciences sont bien plus convaincantes.

On comprend mieux les volontés destructrices de ces religions, et actuellement singulièrement de la petite dernière, qui ont énormément de mal à supporter toute autre existence que la leur. On comprend mieux pourquoi, également, ces idéologies, auxquelles on peut ajouter quelques autres, comme le bouddhisme ou l’hindouisme, toute religion ayant besoin de s’appuyer sur un texte sacralisé par ses soins, ont banni du champ religieux les croyances n’entrant pas dans les paradigmes forgés, au demeurant par elles, pour définir ce qu’est ou n’est pas une religion. Ce qui discrimine négativement et immédiatement l’animisme, probablement l’un des plus anciens, si ce n’est le plus ancien mode de croyance et l’ensemble des polythéismes dont la pensée alimente encore pourtant très largement les trois cultes dominants en Occident.

 

Ce site s’inscrit donc dans le combat mené aujourd’hui contre l’emprise de religions qui par nature sont terroristes en ce sens que non seulement les un-e-s et les autres craignent aujourd’hui de se faire insulter ou malmener, sinon pire, en osant émettre la moindre critique envers ces trois idéologies, mais encore ont désormais le champ libre puisque les plus hautes autorités de l’Etat affichent résolument leur peur et leur désertion du terrain de la défense de la liberté de penser, de s’exprimer et de critiquer les idéologies quelles qu’elles soient. Chaque recul de nos démocraties, chaque censure, chaque autocensure, au prétexte d’une crainte de blesser la conscience religieuse de religions qui, particulièrement en situation de force, ne se sont jamais souciées et n’ont jamais craint de blesser la liberté de conscience des autres dont elles peuvent aller jusqu’à nier même l’existence, est une défaite cuisante de l’intelligence et de la liberté face à tous les obscurantismes.

 

Ces pages d’expression sont nées d’un écœurement complet provoqué par le déferlement médiatique que nous imposent ces trois religions, avec la large complicité de médias la plupart du temps, au demeurant, parfaitement incultes dans ce domaine, ou propagandistes donc partisanes, ce qui permet de laisser dire tout et n’importe quoi sans élever la moindre objection. Une petite remise en perspective s’imposait donc. Et face à la couardise de nos démocraties, qui n’ont même plus le courage de leurs opinions et de leurs libertés, à commencer par la liberté d’expression, il n’y a aucune raison de ne pas poser la revendication à la liberté à ne pas croire, la liberté de ne pas penser que ces religions sont toutes, à la base, de bonté et de « tolérance » et la liberté de pouvoir critiquer ces idéologies et leurs programmes totalitaires consistant à posséder l’individu corps et esprit, au nom d’une divinité dont rien n’a jamais prouvé l’existence, non plus que la réelle volonté, par le fait même, d’appliquer un programme politique et des lois curieusement favorables à la caste des prêtres qui véhiculent cette mythologie.

L’épiderme des croyants est délicat ? Celui des autres aussi. Mais à ce jour, c’est celui des croyants qui est caressé, dorloté, ménagé, par une république démocratique et laïque, qui a à ce point oublié ce que sont la laïcité et la loi de 1905, que son chef de l’Etat a cru bon de déclarer « La République française reconnaît tous les cultes » (Le Parisien, 4 mars 2015, interview de François Hollande réalisé par Yamina Fellahi-Lapeyre http://www.leparisien.fr/politique/francois-hollande-il-faut-un-enseignement-des-religions-a-l-ecole-04-03-2015-4574593.php).

Non, la République ne reconnaît pas toutes les religions. « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. » (art. 2 de la loi de 1905). Et visiblement, elle s’assied sans hésitation sur les athées en considérant qu’il faut rendre obligatoires les « cours de religion » à l’école. Comme si l’histoire des religions n’était pas suffisante. On comprendrait mieux, en revanche, la nécessité de cours de rattrapage sur la loi de 1905 et sur l’emploi de la langue française à l’ENA.

Enfin les trois dits monothéismes ne sont ni toutes, ni les seules religions. Très loin s’en faut. La république démocratique et laïque qu’est la nôtre, n’est absolument pas contrainte de reconnaître les paradigmes fixés par ces trois religions dominantes afin de pouvoir écarter définitivement tout ce qui n’est pas elles de la sphère du religieux, tout en envahissant systématiquement la sphère politique qu’elles considèrent d’ailleurs comme leur, et réduire au silence tous leurs opposants et un courant de pensée au moins aussi ancien que le leur : l’athéisme.