Religions

© N. Calvez-Duigou

« Rien ne prouve qu’il existe une chose comme « la religion » dans l’abstrait. Ce qui existe, ce sont des représentations mentales, des actes de communication qui les rendent plus ou moins plausibles, et de très nombreuses inférences dans de très nombreux contextes » (Alain Boyer)

Religions

Tom le Taquin

et ses cinq preuves

On a retrouvé le saint Esprit !!!!

Mutilations

ethnico-religieuses

Effet secondaire du fonctionnement de notre cerveau, les religions sont apparemment très difficiles à définir. Concepts convaincants pour certains, elles découlent de processus cognitifs très divers.

L’efficacité de ces concepts est telle que l’on parle de la religion, comme si elle existait, quand c’est l’ensemble des questions que l’on se pose à ce sujet qui la construit comme fait historique. Le terme même de « fait religieux », utilisé à l’envi aujourd’hui, relève déjà d’un présupposé discutable.

La religion de tel ou tel peuple à tel ou tel moment de l’histoire, n’est jamais définie que par le questionnement qui s’élabore à son sujet et auquel les sources vont apporter de possibles réponses, à condition de ne pas y plaquer les paradigmes définis sur mesure par trois religions dominantes intimement persuadées de détenir la vérité et d’être, chacune, supérieure à toutes les autres.

Ainsi que le démontrent Thomas d’Aquin mais plus encore Ockham : dieu n’existe pas. En tout cas le dieu abrahamique.

 

Dans son article 3 de la deuxième question de sa somme, Tom prétend démontrer en cinq points l’existence de son dieu. Papotons donc joyeusement avec cet illuminé qui a quand même réussi à justifier tout l’intérêt du brûlage à vif de tous ceux qui ne pensaient pas comme les braves gens qui craquaient les allumettes.

Quiconque se promène dans ces édifices voués au culte d’un dieu unique et forcément emplis de sainteté, s’étonne parfois de distinguer au détour d’une sculpture du porche, d’une sablière, d’une miséricorde ou d’un chapiteau, une scène que la morale ne saurait que réprouver. Qualifiées d’obscènes, de paillardes, certaines scènes offrent à voir des sexes masculins ou féminins démesurés, des accouplements farouches ou acrobatiques, des scènes de zoophilie, etc. Les églises romanes sont d’ailleurs abondamment pourvues en la matière et servent régulièrement de références.

 

L’exercice n’a pourtant pas pris fin avec le gothique et les commentaires et hypothèses générés par ces représentations vont toujours bon train… si j’ose m’exprimer ainsi.

 

C’est dans le cadre monumental que constitue la cathédrale de Quimper, que s’offre à notre vue, sur un chapiteau situé dans le transept nord, au dessus de la porte de la sacristie du XVè siècle ornée des armes et de la devise de l’évêque Bertrand de Rosmadec, un curieux personnage, fesses à l’air, dans l’anus duquel s’enfonce une tête de volatile.

Constater l’existence de pratiques mutilatoires, qu’elles soient tournées par l’individu contre lui-même ou contre un autre, ne signifie pas les expliquer.

Claude Chippaux souligne qu’universelles, ces pratiques ont un fondement mystique et apparaissent, pour les plus anciennes, autour des premiers rites funéraires, lesquels sont considérés comme le signe de l’éveil de l’humanité à la pensée métaphysique (Chippaux, 1990).

 

Les récentes découvertes archéologiques, mais aussi la possibilité que donnent les sciences, aujourd’hui, d’affiner les datations, repoussent les hypothèses d’inhumations ritualisées aux environs de 350 000 avant l’ère commune (AEC). Le site préhistorique d’Atapuerca (Espagne) a livré à la fouille ce qui semble bien être une sépulture commune.

 

Jusqu’alors, la sépulture de l’enfant aux bois de cerf, dans la grotte de Qafzeh (Israël), datée des environs de 100 000 AEC, situait à la fin du paléolithique moyen l’apparition de cette pensée métaphysique.

 

Cependant, nous ne disposons d’aucune trace d’une éventuelle religiosité pour ces époques et il faut attendre les premières manifestations d’art pariétal (environs de - 38 000 en Europe et – 40 000, grotte de l’île de Sulawesi en Indonésie) pour poser les premières conjectures à ce sujet.

 

C’est aussi grâce à cet art que nous avons accès aux premières traces de mutilations corporelles, qu’il s’agisse d’amputation de phalanges, de scarifications ou de tatouages, de l’exaltation des formes gynoïdes féminines mais aussi, si l’on suit l’hypothèse de Javier Angulo, de la circoncision.